
Pour que chaque jour scintille
Des mille étoiles de tes yeux
Pour que chaque jour distille
Tendresse amour et merveilleux
Qu’en ce début d’année nouvelle
Nous en soyons enlumineurs
Semons au vent nos étincelles
Chaque jour nos petits bonheurs
Longues-sur-Mer, 1er janvier
© Autobiopoèmes, Chansons
J’aimerais si je meurs, que mon ciel flamboie,
Comme un retour aux fées, folies de ma genèse
Qui venaient, chaque soir, danser par douze ou treize,
Nues et libres sur les rives de mon émoi.
J’aimerais si j’ai peur, revoir leurs yeux de braise,
Avant que de venir mourir au fond des bois
Qui bordent joliment la paisible Semoy,
Remerciant enfin mes ardentes ardennaises.
J’aimerais si je meurs, que ce soit à l’aurore,
Après une nuit folle à goûter de leurs corps
Sur l’infernale flamme, ivre-mort de bonheur.
Si douce serais-tu, mort, si tu venais là
Me prendre sans un cri ! J’aimerais si je meurs,
Que ce soit à ta bouche, ô Diane Arduinna !
La Rochelle, 7 janvier
© Autobiopoèmes - Chansons
Que la vie est longue
Sans toi
Je rêve d'île exsangue
S’y perd mon ombre oblongue
En toi
Ciel sans carcan ni gangue
Que la vie est triste
Sans toi
Je peins des tourbillons
Voile mon âme autiste
De toi
Je rêve en papillon
Que la vie est sèche
Sans toi
Je crée des oasis
Bohème mon cœur rêche
Pour toi
Poème en catharsis
Que la vie est mièvre
Sans toi
J'enlumine des traces
Avec mon sang ma fièvre
Feue-toi
J'illumine tes grâces
Paris, 14 janvier
© Autobiopoèmes, Chansons
à Glenmor
Il noie sa complainte
Et sa verte peur
Aux folles vapeurs
De l’amère absinthe
« J’y cherche l’espoir
La force de vaincre
Les pleurs et la crainte
Mes cauchemars noirs
J’y cherche l’amour
Ma terre promise
La femme insoumise
Mes nuits et mes jours »
Mais sa quête de lune
S’achève en soupirs
De rêve en délire
Ô cruelle infortune
Il voit le printemps
Dans la coupe vide
Mais pâle et livide
Titube en chantant
Les cris d’impuissance
D’un monde inutile
Ses putains serviles
Mon inexistence
Rochefort-sur-Mer, 9 février
© Autobiopoèmes, Chansons
Dans les champs d’asphodèles
Je vois venir la pluie
Avec ma douce belle
Je vais danser ce soir
Au loin nuages gris
Valsez la lune luit
Vibre chant de la nuit
L’amour est ton devoir
Ses robes de dentelle
Et ses rêves d’enfant
Malicieuse et rebelle
Volent au vent de l’Est
Gronde puissant orage
Donne de l’olifant
Roule sur son visage
Gouttelette céleste
Il pleut il pleut bergère
Sortons sans tes moutons
Les éclats de nos rires
Couvrent ceux de l’éclair
Et mes mièvres chansons
Des cieux noirs la colère
Il pleut il pleut bergère
Dégrafe tes boutons
Je veux ce chant écrire
En t’aimant sous la pluie
Et t’aimer en chanson
Sous la lune qui luit
Rochefort-sur-Mer, 30 mai
© Autobiopoèmes, Chansons
You like it darker
Beyond the border
Your mind is full of soot
Of where mournful thoughts shoot
You like it darker
Beyond the border
Chorus
You want the black skies
Concealed to his eyes
The dark side of the moon
The darkness instead of the noon
You like it darker
Beyond the border
With the same shame
With the same blame
Unspeakable to your lips
Sharped as tin snips
Chorus
Sixty-nine shades of musk
Wedding of dawn an dusk
Night of ink and anvil
Entwined angel and devil
You like it darker
Beyond the border
Chorus
You like it darker
Beyond the border
Sempiternal absence
Shameful absinthe
Foul love in zinc
Insatiable abstinence
Chorus
But you love him anyway on any road any path
Without revenge without wrath
And you love him anyway on any sea in any dream
Even if it's a nightmare or a stormy stream
Beyond the endless border
You love her even darker
Unspeakable to your lips
Sharped as tin snips
Concealed to his eyes
You want the black skies
Where you unfold your ebony wings
Raised by infernal winds
You want the dark side of the moon
The darkness instead of the noon
And you have no word
And you have no lord
Chorus
Paris, 10 octobre
Longues-sur-Mer, 2 mars
© Autobiopoèmes, Chansons
Tu pleures les rimes du temps
Et tu attends
Tu pleures le cœur du printemps
Et tu attends
Tu pleures au ciel de l'aurore
Attends encore
Tu pleures les rides du corps
Attends encore
Tu pleures les fleurs de l'amour
Attends toujours
Tu pleures de soie de velours
Attends toujours
Tu pleures feu la tendresse
Attends princesse
Tu pleures le feu des caresses
Attends princesse
Tu pleures contre mon épaule
Va n’attends plus
Tu pleures la mort qui te frôle
Vis n’attends plus
Paris, 16 mai
Autobiopoèmes - Chansons
À califourchon
Sur la lune rose
Trois petits cochons
Effeuillent une rose
Entre deux étoiles
Et dix bananiers
Une grande toile
Tisse l’araignée
La cigale folle
A mis le boxon
La fourmi s’affole
À coups de klaxon
Le chat roux le jour
Mistigri la nuit
Pattes de velours
Miaule son ennui
Car la souris verte
Lassé de son trou
Par la porte ouverte
Part à Tombouctou
Sur le dos d’un squale
Ou d’une baleine
Hissons la grand-voile
Vers les Kerguelen
Peu importe l’âge
Prends ton baluchon
Partons en voyage
Comme patachons
Au bout de tes rêves
Camille jolie
Quand l’histoire s’achève
Faut aller au lit
À califourchon
Sur la lune rose
Trois petits cochons
Effeuillent une rose
Au bout de tes rêves
Camille jolie
Quand l’histoire s’achève
Commence la vie
Saint-Xandre, 17 mai
© Autobiopoèmes, Chansons
J'aime la ronde
Et ses deux blanches
Me dévergondent
Mon cœur tu flanches
J'aime la ronde
Ses quatre noires
Qui vibrent grondent
Dans ma mémoire
J'aime la ronde
Et ses huit croches
Qui vagabondent
À mes galoches
J'aime la ronde
Mains sur les hanches
Douce gironde
Tu m'avalanches
J'aime la ronde
Jubilatoire
Ma mappemonde
Terre illusoire
J'aime la ronde
Sans anicroche
Albe joconde
Médianoche
J'aime la ronde
Pauvre gavroche
Et j'exaspère
Les vieilles cloches
Longues-sur-Mer, 26 juillet
© Autobiopoèmes, Chansons
Le soleil, lentement, glisse sur l’horizon,
L’éther bleu s’étoile de mille amours naissantes,
Mille Astarte flammes en mon cœur caressantes,
Mille Marie, mille Julie, mille Lison.
Pauvre Sapho, pleurant, quand nous te méprisons ;
Tu cherches l’âme sœur, en vain si provocante !
Pauvre Liber, errant, quand tes folles bacchantes
T’abandonnent au soir ; tu cries, seul : « Trahison ! »
L’astre d’or, flamboyant, tout au loin disparaît.
Dans toutes leurs splendeurs, s’embrasent le ciel et
L’océan qui berce les morts sans sépulture.
Pauvre âme sans passion ! Peux-tu vivre sans moi ?
Que dois-je comprendre de ta désinvolture ?
Entends ma prière, ô Phoebus, immole-moi.
Saint-Hilaire-de-Riez, 25 août
© Autobiopoèmes – Chansons
Des abysses de ma mémoire
Je lis dans ses yeux verts
Comme en un vieux grimoire
Je trime de travers
Rime de mauvais vers
Seul saoul sous le pont Mirabeau
Je ne suis pas Verlaine
Ni même un mi-Rimbaud
À peine un vieux Silène
Épris d'une sirène
Les passants cent ans passeront
Sans remarquer ma tombe
Leurs pas résonneront
Dans mon âme hécatombe
Aux amours catacombes
Si l'une lit mon épitaphe
Vieille chanson paillarde
C'est qu'elle est soulographe
Ou mocharde ou pocharde
Sous la lune blafarde
Paris, 1er septembre
© Autobiopoèmes, Chansons
Violoncelles et contrebasses
J'espère en vous de guerre lasse
Rêves volés au temps qui passe
Je vous vénère ou je trépasse
Si soudain les violons s'en mêlent
Et si les sanglots longs s'emmêlent
Leurs songes juliens se morcèlent
Leurs vieux mensonges m'ensorcèlent
Violoncelles et contrebasses
J'espère en vous de guerre lasse
Rêves volés au temps qui passe
Je vous vénère ou je trépasse
Saturne dissipe la brume
Vous entre marteau et enclume
Dissimulez votre amertume
Sous un espoir feint qu'on rallume
Violoncelles et contrebasses
J'espère en vous de guerre lasse
Rêves volés au temps qui passe
Je vous vénère ou je trépasse
Je flotte fou seul dans les cieux
Les rêves flous au fond des yeux
Lorsque vos doux paradis bleus
Volent s'estompent peu à peu
Violoncelles et contrebasses
J'espère en vous de guerre lasse
Rêves volés au temps qui passe
Je vous vénère ou je trépasse
Par taches brunes le soir sombre
Cendré sans lune sans encombre
Vous n'êtes déjà plus qu'une ombre
Ton amour saigne et vire au sombre
Violoncelles et contrebasses
J'espère en vous de guerre lasse
Rêves volés au temps qui passe
Je vous vénère ou je trépasse
Paris, le 22 septembre
© Autobiopoèmes, Chansons
Quand voile le soleil, mystérieux, mon rêve,
Quand les hirondelles s’apprêtent à partir,
Quand bourrasquent les vents un vieux souvenir,
Quand pleure le ciel un été qui s’achève,
Quand les arbres semblent céder, faute de sève,
Quand la plainte du temps étouffe un noir soupir,
Quand les elfes des bois célèbrent le zéphyr,
Quand la rousse perdrix fuit le canon qu’on lève
Le venin du colchique empoisonne mon cœur :
Paresse mon âme qu’enivre sa liqueur.
Sous les charmilles d’or ou les vignes pourprées,
Si ne coule le vin, éternelle saison,
Nos âmes maudites se courbent torturées :
Tu es grise et triste comme un mur de prison.
Corme-Royal, 1er octobre
© Autobiopoèmes, Chansons
Oserai-je admirer le vol des nymphes nues,
Gracieuses dans l’onde azurée, transparente ?
Oserai-je écouter cette plainte enivrante,
Lorsque l’aube étincelle et monte vers les nues ?
Verrai-je à temps venir la mort simple et cruelle
Qui rôde sur le fleuve et revêt tour à tour
De beauté l’artifice, et ses plus laids atours,
Comme montant du port cette sombre ruelle ?
Ou bien succomberai-je au puissant sortilège
D’une fée douce-amère, à son charme trompeur ?
Boirai-je à son calice un sang noir sacrilège ?
Des elfes aux cheveux d’or, drapés d’un blanc suaire,
Loueront ils mon courage ou devrai-je avoir peur
De mon soleil sombré dans l’ombre mortuaire ?
Rochefort-sur-Mer, 10 octobre
© Autobiopoèmes - Chansons
Je manifeste
Le poing levé
Tu me détestes
Je veux rêver
Pas de vieux restes
De mots pavés
Je manifeste
Je manifeste
Toute en dépit
Tu tords ta veste
En Ésopie
D'Ouest en Est
Nos utopies
Je manifeste
Je manifeste
Compose et rime
L’ode funeste
Hurle cet hymne
Chant palimpseste
Je vis je vibre
Je manifeste
Je manifeste
Ne t'en déplaise
De Nice à Brest
Lille ou Rodez
Avec un zeste
De Marseillaise
Je manifeste
Je manifeste
Pour être libre
Quand tu protestes
Perds l'équilibre
Tu geins tu pestes
Sans or ni frime
Je manifeste
Je manifeste
Fière Commune
Contre la peste
Ou blanche ou brune
Tu admonestes
Planques tes tunes
Je manifeste
Je manifeste
Pour nos conquis
Ce qu’il enreste
Drapeau brandi
Pour nos retraites
Fils du Maquis
Je manifeste
Paris, 10 décembre
© Autobiopoèmes - Chansons
Boudeur
L’Astre du Jour n’est pas levé encor
Sur Murcie
Au loin
L’Œil rebelle de la Nuit resplendit
Insoumis
Comblé
Mon corps qu’à ton Corps l’Amour réunit
À jamais
S’endort
Je rêve à nos Amours adolescentes
Rassasiées
Songeur
Je te regarde nue sous les draps blancs
Du grand lit
Fougueuse
Tu m’as aimé jusqu’à la lueur frêle
De l’Aurore
Rêveuse
Tu saisis ma main la pose avec soin
Sur ton cœur
Heureuse
Tu t’es donnée radieuse éternelle
Endormie
Heureux
Morphée mêle et s’emmêle dans nos rêves
Amoureux
La Rochelle, 31 décembre
© Autobiopoèmes, Chansons
Texte paru dans la revue Mes sages poétiques n°28, publiée par Gil Roc, Soisy-sous-Montmorency, mars 1995